En complément de mon billet sur l'euthanasie, voici un extrait d'un communiqué publié le lundi 12 mars, jour de l'ouverture du procès de Laurence Tramois et Chantal Chanel, de l'ordre national des médecins. Il y est indiqué que le code de déontologie médicale "affirme clairement que toute obstination thérapeutique déraisonnable doit être proscrite", mais qu'"en aucun cas, le médecin n'a le droit de donner délibérément la mort".
"Confronté à la fin de vie, le médecin doit exploiter toutes les ressources de son art, parfois même en prenant des risques vitaux dans ses prescriptions destinées à soulager le malade", estime l'ordre, ajoutant qu'"il est permis d'interrompre des traitements actifs devenus inutiles".
Le code de déontologie est assez troublant dans les faits. Laurence Tramois et Chantal Chanel, un médecin et une infirmière, sont accusées d'"empoisonnement" pour avoir aidé à mourir une malade agonisante en 2003. Alors que trente ans de réclusion étaient encourus, la cour d'assises de la Dordogne a sanctionné le docteur Laurence Tramois, 35 ans, d'un an de prison avec sursis sans inscription au casier judiciaire, ce qui lui permet de continuer d'exercer. Quant à Chantal Chanel, 40 ans, elle est relaxée. Une sanction qui a été amoindrie mais qui laisse des questions en suspend : "Est-ce que la dignité ne réside pas dans l'accompagnement du malade, plutôt que dans l'accélération de sa mort ?" ou "Doit-on permettre à une personne de mourir dignement et d'arrêter de souffrir inutilement ?"
Pour rappel, Laurence Tramois a prescrit par écrit une dose de potassium mortelle à Paulette Druais, atteint d'un cancer en phase terminale, qui vivait, malgré des doses maximales de médicaments anti-douleur, une agonie cruelle avec tremblements, fièvre, escarres, incontinence urinaire,douleur et vomissement fécaux.
Messieurs (et mesdames) les députés et ministres réveillez-vous !