Cela fait un moment que je ne vous ai parlé de mes lectures... J'ingurgite, j'ingurgite et je n'ai plus le temps de partager... C'est mal ! C'est mal parce qu'il y a tellement de bons livres à lire et à découvrir !
Une de mes dernières lectures en date est en fait une re-lecture : Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb. Son premier et meilleur roman.
J'ai eu l'occasion de lire nombre d'autres de ses oeuvres :
- Cosmétique de l'ennemi
- Le Sabotage amoureux
- Les Catilinaires
- Péplum
- Attentat
- Métaphysique des tubes
- Mercure
- Les Combustibles
- Antéchrista
- Robert des noms propres
- Acide sulfurique
- Biographie de la faim
J'en oublie peut-être... Finalement, ils se ressemblent presque tous. Disons qu'il y a des thèmes récurrents qui reflètent l'histoire d'Amélie Nothomb. Hormis son passé à l'étranger, on retrouve ses problèmes alimentaires (anorexie et boulimie), ses problèmes relationnels (sentiment d'infériorité, amour lesbien...). D'ailleurs, elle l'avoue elle-même dans Hygiène de l'assassin : "Comment voulez-vous qu'un écrivain soit pudique? C'est le métier le plus impudique du monde: à travers le style, les idées, le'histoire, les recherches, les écrivains ne parlent jamais que d'eux-mêmes, et en plus avec des mots. (...) Non, monsieur, les écrivains sont obscènes..."
En gros, ils tourneraient tous autour de leur nombril. Je ne partage pas vraiment cet avis, mais c'est en tout cas ce qu'elle s'évertue à faire.
Si vous n'aviez qu'un roman d'Amélie Nothomb à lire, c'est bien Hygiène de l'assassin. Un extrait que j'adore :
- Féministe, moi? Je hais les femmes encore plus que les hommes.
- Pourquoi?
- Pour mille raisons. D'abord parce qu'elles sont laides: avez-vous déjà vu plus laid qu'une femme? A-t-on idée d'avoir des seins, des hanches et je vous épargne le reste? Et puis, je hais les femmes comme je hais toutes les victimes. Une très sale race, les victimes. Si on exterminait à fond cette race-là, peut-être aurait-on enfin la paix, et peut-être les victimes auraient-elles enfin ce qu'elles désirent, à savoir le martyre. Le femmes sont des victimes particulièrement pernicieuses puisqu'elles sont avant tout victimes d'elles-mêmes, des autres femmes. (...) vous frissonnerez d'horreur devant tant d'hypocrisie, de jalousie, de méchanceté, de bassesse. (...) chez elles, c'est le triomphe des coups bas, des petites phrases immondes qui font tellement plus de mal qu'un direct dans la mâchoire. La condition féminine est devenue le théâtre des mauvaises fois les plus écoeurantes. (...) la femme est inférieure à l'homme, ça coule de source (...) Dans le passé, aucune mauvaise foi: on ne lui cachait pas son infériorité et on la traitait comme telle. Aujourd'hui, c'est dégueulasse: la femme est toujours inférieure à l'homme - elle est toujours aussi laide -, mais on lui raconte qu'elle est son égale. Comme elle est stupide, elle le croit, bien sûr. Or, on la traite toujours comme une inférieure: les salaires n'en sont qu'un indice mineur. (...) Admirez donc la mauvaise foi du système: faire croire à une esclave laide, bête, méchante et sans charme, qu'elle part avec les mêmes chances que son seigneur, alors qu'elle n'en a pas le quart. Moi, je trouve ça infect. Si j'étais femme, je serais écoeurée."
Voilà, je pense que tout est dit sur VOUS les femmes ! Ha ha ! Enfin, n'allez pas penser que je pense la même chose que le personnage immonde de ce roman qu'est Prétextat Tach...
Avez-vous lu Hygiène de l'assassin, avez-vous aimé ? Vous auriez des livres à me faire découvrir ?