|
Dépêche
AFP - 12 octobre 2005, 08h44
La Chine a envoyé pour cinq jours deux hommes
dans l'espace
JIUQUAN
(AFP) - La Chine a franchi mercredi
un nouveau pas dans son ambitieuse conquête
de l'espace, en lançant un vaisseau avec
deux astronautes à bord pour une mission
de cinq jours, deux ans seulement après
son premier vol spatial habité.
Le décollage de la fusée Longue Marche 2F
a eu lieu à 09H00 (01H00 GMT) depuis la
base spatiale de Jiuquan, en Mongolie intérieure,
à quelque 1.000 kilomètres à l'ouest de
Pékin.
Shenzhou
(Vaisseau divin) VI, qui doit effectuer
une mission de cinq jours dans l'espace,
a été placé en orbite 21 minutes après le
décollage.
Peu après, le vol a été qualifié de succès
par le Premier ministre Wen Jiabao.
"C'est
un succès complet (...) le monde entier
a pu voir le succès du vol habité Shenzhou
VI", a dit M. Wen, dans un discours depuis
la base spatiale de Jiuquan (nord-ouest),
retransmis en direct à la télévision nationale.
"La
réussite de ce vol habité entre à jamais
dans l'histoire glorieuse du peuple chinois",
a ajouté le chef du gouvernement.
Les
deux taïkonautes, Fei Junlong, 40 ans, et
Nie Haisheng, 41 ans, ont pris place dans
le vaisseau à 06H40 (22H40 mardi).
Quelques
minutes après le décollage, ils agitaient
la main en direction d'une des caméras installées
à bord, pour signaler que tout se passait
normalement.
"Je
me sens bien", a déclaré à 09H15 Fei Junlong,
une phrase qu'il a répétée à plusieurs reprises
ensuite.
Avant
leur départ, ils ont été salués par le Premier
ministre, présent sur la base de Jiuquan
avec d'autres hauts responsables du Parti
communiste, pour assister au départ du deuxième
vol spatial habité chinois.
"Vous
allez une nouvelle fois démontrer que le
peuple chinois a la volonté, la confiance
et la capacité pour progresser sans cesse
vers les sommets de la science", a déclaré
le chef du gouvernement.
Le président Hu Jintao, qui avait fait le
voyage à Jiuquan il y a deux ans, a cette
fois regardé le lancement depuis le Centre
de contrôle installé à Pékin.
La
neige tombait mercredi matin sur la base
spatiale, située à l'entrée du désert de
Gobi, ce qui a retardé l'installation des
taïkonautes dans le vaisseau mais pas leur
départ.
La
route menant au Centre spatial était totalement
coupée à deux cents kilomètres au sud du
site et les journalistes étrangers qui tentaient
de s'en approcher ont été priés de rebrousser
chemin en direction de la ville de Jiuquan
où les écoliers avaient été mobilisés pour
célébrer l'événement dans les rues, a rapporté
un journaliste de l'AFP.
Ce
lancement survient presque deux ans jour
pour jour après le succès du premier vol
spatial habité chinois.
En
envoyant dans l'espace le colonel Yang Liwei
le 15 octobre 2003, la Chine était ainsi
devenue le troisième pays à réaliser un
tel vol, 42 ans après l'URSS et les Etats-Unis.
La
mission Shenzhou VI, durant laquelle les
deux taïkonautes mèneront des expériences
scientifiques en apesanteur, confirme les
grandes ambitions chinoises de conquête
de l'espace.
Les
experts sont unamines à souligner que le
programme chinois est en phase d'accélération,
même s'il ne comporte aucune réelle innovation
technique.
A
ceux qui, aux Etats-Unis comme en Europe,
redoutent une exploitation militaire du
programme Shenzhou, contrôlé par l'armée,
le Premier ministre chinois a répondu en
se voulant rassurant.
"L'entrée
de la Chine dans le monde des expériences
spatiales a un objectif entièrement pacifique
et a pour but de contribuer à promouvoir
la science et la paix pour les peuples de
la terre", a assuré Wen Jiabao.
La
prochaine étape, avec Shenzhou VII, probablement
en 2007, devrait inclure des sorties dans
l'espace.
L'objectif à moyen terme de la Chine est
de disposer d'une station spatiale avec
d'importantes retombées civiles et militaires,
puis à l'horizon 2017 d'envoyer un véhicule
d'exploration sur la Lune pour récupérer
des échantillons lunaires.
Voir
l'article de la rubrique Tribune >>
|